Si la rescue m'était contée

Si la rescue m'était contée

N'est pas rescue qui veut. 

Chaque année, je vois arriver, avec tambours et trompettes, la personne qui veut sauver le monde. 

Elle organise autour d'elle un culte de la personnalité, met son nom partout, se filme au premier plan, "s'instagrammise" ignore les règles non écrites de la communauté, et après un temps, réalisant que ça ne lui apportera aucune notoriété, elle disparaît et on en entend plus jamais parler.

Mettons une chose au clair: être rescue n'a rien de glamour. On y perd son attachement à l'humain, son nom et sa chemise. C'est un sacrifice aussi grand que celui consenti par les personnes qui entrent en religion. 

Être rescue ne relève d'aucune décision: on nait rescue ou on ne l'est pas. Aucune balise temporelle ou légale ne peut encadrer une vocation aussi grande.

Elle nous brule et nous fait mal dans les trippes chaque jour. Elle nous fait nous endormir d'épuisement sachant qu'un être sans défense meurt quelque part sans secours et sans réconfort. Notre coeur est tatoué des noms de ceux qu'on a perdus et qui deviennent parties de nous. 

On ne maudit pas les religieux pour s'enfermer ensemble dans des endroits dédiés à leur culte, mais on fait preuve d'une extraordinaire incompréhension envers le dévouement marginal de bénévoles pour les créatures les plus vulnérables de la société. 

Quand on parle des animaux, il y a immanquablement un malaise et un homme ou une femme voulant bien paraître en société qui essaie de changer de sujet.

Parle-leur des animaux, ils te parleront des enfants, des personnes âgées et des malades. Tu es infirmière et tu les soignes 50 heures/semaine? Ils t'en parleront quand même et tu seras sans-coeur d'essayer de les protéger de l'irresponsabilité et de l'ignorance. Le malaise est partout et le monde a plus que jamais besoin de clinquant, de héros qu'ils soient faux ou vrais, de distraction car il peut être douloureux et invasif de vivre en notre siècle. 

Voilà d'ailleurs le pourquoi: tout reste à faire. Si c'était facile, il n'y aurait plus de cause.

Se battre pour les animaux, c'est aussi se battre contre nos congénères qui veulent qu'on abandonne à tout prix en nous faisant passer pour de mauvais êtres humains, le bon être humain étant celui qui écoute la télé chez lui en commentant l'actualité qu'on lui présente avec le point de vue qu'on lui présente du jour de sa naissance au jour de sa mort, sans jamais sortir de sa zone de confort.

Avoir un coeur de rescue, c'est différent. C'est même à des années-lumières des idées reçues. 

On nait rescue, on ne le devient pas.

Voici donc mon blog, notre blog, celui de Coeur de Rescue!

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